"L'art chemin faisant", Pont-Scorff, projet des lavoirs, Christian Le Pendeven 2002
Plus de 600 pages carrées peintes une par une comme autant d'aventures devant une feuille blanche. Autant d'opérations et d'instants uniques de pensée centrés sur la page à peindre, la rencontre avec la couleur. Autant de nuances et de vibrations différentes, autant de moments privilégiés du regard qui découvre. Autant de débuts, autant de fins.
Et puis les jeux avec les carrés sur le sol de l'atelier:
comparer les nuances: les rapprocher, les mélanger
et à nouveau le regard qui découvre dans de nouvelles dimensions
de nouvelles vibrations de nouveaux rythmes.
Assembler Rencontres avec les bassins.
C'est comme un jeu, un jeu de travail. Trouver des règles efficaces, logiques, ergonomiques, arbitraires, conserver les choix des premiers gestes qui ignorent encore tout, régler les normes de l'acceptable... comme un artisan se fixe des méthodes de travail, un processus de réalisation. Souvenir post-indusriel d'une ère industrielle et artisanale où la place de l'intervention humaine était étroitement définie et identifiée.
Il y a une clarté évidente et rassurante à recommencer des gestes et des intentions proches. C'est aussi la place énorme d'un doute fondamental sur les décisions initiales. Une liberté énorme à se débarasser des questions ancestrales qui ont créé le genre de la peinture d'art. Mais dans la plus étriquée des voies apparaît quand même des possibles contradictoires, des marges non réglées, des variables qui peuvent bousculer les certitudes, donner le vertige de l'infini. Il y a des voies nouvelles que l'on met de côté comme un trésor caché.
La descente du chemin tracé comme un ruisseau
La découverte de ces lieux calmes solitaires
L'absence de l'eau
Un jeu: délicatement mes carrés épousent les formes des bassins
comme un écrin d'eau un regard du ciel
Mise en oeuvre: surface à couvrir environ 37 m²
Environ 585 carrés de tissu de 25x25cm (découpés, enduits, peints)
Élaguer, élaguer. Choisir ses limites. Restreindre son champ.
Rectangle, carré, horizontale, verticale.
Le dessin ce sera les bords de la page et plus tard les lignes des quadrillages.
La composition ce sera le pavage des carrés, la couleur le bleu, le ciel, la mer, la distance, l'horizon.
Peindre des pages et des pages sans autre pensée sans arrières-pensées.
Vers la limite. Rechercher la liberté sur un fil, le hasard en ligne mélodique, l'aléatoire comme vibration. Il y a toujours des boulevards!
Assembler quelques carrés pour marquer des étapes, fixer les jeux du regard.
Aller au dehors fugitivement pour un nouveau regard.
Peindre des centaines de carrés, les mettre dans tous les sens, essayer toutes les combinaisons, la tête dans le bleu, des bleus qui ne le sont plus, qui prennent toutes les teintes. Des contrastes qui changent de registre à chaque heure qui passe. Des milliers d'agrafes, petit artisanat, avec des pensées vers le lieu de destination, observateur de tous les gestes, des pensées encourageantes ou nauséeuses, oscillant entre le rêve et la réalité lorsque les gestes n'en finissent plus de se répéter un peu beaucoup...
Reliquats
Quelquefois, il y a des reliquats. Des rebuts qui montrent autre chose qui donnent envie d'aller voir ailleurs.
C'est un petit artisanat avec des gestes inventés sur pièces qui ne répond à aucune utilité.
Rechercher défendre Une certaine idée de la création, le beau c'est ce qui existe déjà, créer n'est pas une recherche du beau mais une aventure, une découverte un jeu sur l'inconnu, le hasard, l'aléatoire, nos questions nos hésitations, création activité de jeu et de travail.
Préparatifs
Les objets s'empilent et montrent de nouvelles images...
Faire de la peinture un objet, participer à la construction et à la visualisation de l'espace. Ici l'architecture c'est l'enchaînement utilitaire chemins-bassins dans le sens de la pente. C'est le passage de générations d'hommes et de femmes, le regroupement autour de l'eau captée indispensable magique.

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